Aller au contenu
Pinel DAHOUI
Santé

La pollution tue 9 millions de personnes par an : la data le prouve et l'anticipe

La pollution cause plus de décès que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis. À Cotonou, personne ne la mesure en continu. Capteurs à bas coût et statistiques spatiales peuvent changer cela.

Pinel Baudelaire DAHOUI · 2 min de lecture
Sommaire
  1. 01L'Afrique en première ligne
  2. 02Mesurer, puis modéliser
  3. 03Des vies à gagner
L'essentiel
Des capteurs bon marché et des modèles statistiques spatiaux permettent de mesurer l'exposition à la pollution quartier par quartier, et de cibler les politiques publiques.

Voici un chiffre qui devrait déclencher une urgence mondiale : la pollution sous toutes ses formes (air, eau, sols, produits chimiques) cause 9 millions de décès prématurés par an, soit 16 % de tous les décès dans le monde (Landrigan et al., The Lancet, 2018). C'est plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis.

L'Afrique en première ligne

La pollution de l'air intérieur, due à la cuisson au bois et au charbon, fait des centaines de milliers de victimes chaque année en Afrique subsaharienne, surtout des femmes et des enfants.

À Cotonou, les nombreux zémidjans à moteur deux-temps émettent chaque jour des particules fines, sans qu'aucun système de mesure continue n'existe.

Mesurer, puis modéliser

La data science environnementale change cette réalité :

  • des capteurs à bas coût (quelques dizaines de dollars) permettent de constituer des réseaux citoyens de surveillance de la qualité de l'air ;
  • un modèle de régression d'occupation des sols (LUR) estime l'exposition de chaque habitant en intégrant le trafic, la végétation, la météo et les sources industrielles ;
  • la statistique de scan de Kulldorff et les modèles bayésiens spatiaux repèrent les foyers de maladies respiratoires liées à la pollution.

Des vies à gagner

Une étude menée dans des dizaines de villes américaines a montré qu'une baisse de 10 µg/m³ de particules fines s'accompagne d'un gain d'espérance de vie d'environ 0,6 an (Pope et al., NEJM, 2009).

Pour Cotonou, déployer une vingtaine de capteurs dans les quartiers les plus exposés coûterait peu, et fournirait enfin les données pour agir.

santé environnementalequalité de l'airstatistique spatialeCotonou
Partager
Pinel Baudelaire DAHOUI

Data Scientist et chercheur en IA à Cotonou. J'aide les organisations à tirer parti de leurs données et je partage mes connaissances pour rendre la science accessible.

Recevez chaque nouveau contenu par email

Un email à chaque publication. Pas de spam, désinscription en un clic.