Voici un chiffre qui devrait déclencher une urgence mondiale : la pollution sous toutes ses formes (air, eau, sols, produits chimiques) cause 9 millions de décès prématurés par an, soit 16 % de tous les décès dans le monde (Landrigan et al., The Lancet, 2018). C'est plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis.
L'Afrique en première ligne
La pollution de l'air intérieur, due à la cuisson au bois et au charbon, fait des centaines de milliers de victimes chaque année en Afrique subsaharienne, surtout des femmes et des enfants.
À Cotonou, les nombreux zémidjans à moteur deux-temps émettent chaque jour des particules fines, sans qu'aucun système de mesure continue n'existe.
Mesurer, puis modéliser
La data science environnementale change cette réalité :
- des capteurs à bas coût (quelques dizaines de dollars) permettent de constituer des réseaux citoyens de surveillance de la qualité de l'air ;
- un modèle de régression d'occupation des sols (LUR) estime l'exposition de chaque habitant en intégrant le trafic, la végétation, la météo et les sources industrielles ;
- la statistique de scan de Kulldorff et les modèles bayésiens spatiaux repèrent les foyers de maladies respiratoires liées à la pollution.
Des vies à gagner
Une étude menée dans des dizaines de villes américaines a montré qu'une baisse de 10 µg/m³ de particules fines s'accompagne d'un gain d'espérance de vie d'environ 0,6 an (Pope et al., NEJM, 2009).
Pour Cotonou, déployer une vingtaine de capteurs dans les quartiers les plus exposés coûterait peu, et fournirait enfin les données pour agir.




