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Pinel DAHOUI
Santé

Détecter les effets secondaires des médicaments sur les réseaux sociaux avant les autorités

Seule une petite fraction des effets indésirables graves est déclarée aux autorités. Les patients, eux, en parlent en ligne. Le traitement automatique du langage permet de capter ces signaux plus tôt.

Pinel Baudelaire DAHOUI · 2 min de lecture
Sommaire
  1. 01Un système qui voit trop tard
  2. 02Faire lire des millions de messages à une machine
  3. 03Du texte au signal statistique
  4. 04Une piste concrète pour le Bénin
L'essentiel
En analysant automatiquement ce que les patients écrivent en ligne, la pharmacovigilance numérique peut repérer un effet indésirable avant les systèmes de déclaration classiques.

En 2004, le Vioxx (rofécoxib), un anti-inflammatoire, a été retiré du marché après cinq ans de commercialisation, en raison d'un risque accru d'infarctus. Le drame : des signaux de danger existaient dans les données bien avant le retrait.

Un système qui voit trop tard

La pharmacovigilance traditionnelle repose sur les déclarations spontanées des médecins et des pharmaciens. Or, seule une petite fraction des effets indésirables est réellement déclarée.

Pendant ce temps, les patients décrivent leurs effets secondaires en temps réel sur les réseaux sociaux et les forums de santé, souvent avant même d'en parler à leur médecin.

Faire lire des millions de messages à une machine

C'est le pari de la pharmacovigilance numérique : utiliser le traitement automatique du langage (NLP) pour analyser des millions de messages et repérer automatiquement les mentions de médicaments et d'effets indésirables.

Les modèles de langage biomédicaux, comme BioBERT, font nettement mieux que les méthodes à base de règles pour ce type de détection.

Du texte au signal statistique

Associées à des statistiques de disproportionnalité, comme le Reporting Odds Ratio, ces détections permettent de faire émerger un signal de pharmacovigilance plus tôt que par les circuits officiels.

Une piste concrète pour le Bénin

Au Bénin, où l'automédication est très répandue et les médicaments de rue omniprésents, un chatbot de signalement sur WhatsApp, relié à une base de données nationale, serait une innovation de santé publique à portée de main.

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Pinel Baudelaire DAHOUI

Data Scientist et chercheur en IA à Cotonou. J'aide les organisations à tirer parti de leurs données et je partage mes connaissances pour rendre la science accessible.

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