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Pinel DAHOUI
All studiesArticle de recherche · Santé publique

Paludisme dans l'UEMOA : un recul qui s'essouffle

Fardeau, progrès et place des interventions de prévention (2000-2024), d'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé.

Pinel Baudelaire DAHOUI · Working paper, October 2026 · 24 pages · PDF

Five key messages

  1. 01

    Un fardeau très concentré

    Avec 1,8 % de la population mondiale, l'UEMOA compte 14,9 % des cas et 15,2 % des décès dus au paludisme en 2024.

  2. 02

    Des progrès réels, mais trop lents

    La mortalité baissait de 4,8 % par an avant 2015, de 3,7 % depuis ; l'incidence, de 1,9 % puis 1,5 % par an.

  3. 03

    Les objectifs mondiaux sont hors d'atteinte

    Le jalon 2025 exigeait une baisse d'environ 13 % par an depuis 2015. Aucun État n'en approche, et l'incidence a augmenté depuis 2015 en Côte d'Ivoire et en Guinée-Bissau.

  4. 04

    Des moustiquaires plus utilisées, un lien ténu avec l'incidence

    Leur utilisation est passée, en moyenne simple des huit États, de 3 % à 55 % de la population à risque ; elle va de pair avec une mortalité plus faible, beaucoup moins avec une incidence plus faible.

  5. 05

    Des poches de vulnérabilité

    La mortalité palustre du Niger dépasse le double de celle de l'Union ; aucun État n'assure trois doses de traitement préventif à 80 % des femmes enceintes.

Summary (in French)

Nous analysons l'évolution du paludisme de 2000 à 2024 dans les huit États de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à partir des estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des données de la Banque mondiale. Avec 1,8 % de la population mondiale, l'Union comptait en 2024 14,9 % des cas et 15,2 % des décès dus au paludisme dans le monde. La mortalité palustre y a baissé de 53 % entre 2000 et 2015 (4,8 % par an), puis de 29 % entre 2015 et 2024 (3,7 % par an) ; l'incidence a reculé de 25 %, puis de 13 %. Sur 45 pays d'Afrique subsaharienne, un modèle de tendance segmentée ne décèle plus, après 2015, de baisse statistiquement significative de l'incidence. Aucun État de l'Union n'atteindra le jalon 2025 de la stratégie mondiale de l'OMS (−75 % par rapport à 2015). Dans des modèles de panel à effets fixes pays et année, une utilisation plus élevée des moustiquaires imprégnées va de pair avec une mortalité plus faible l'année suivante ; son association avec l'incidence est faible et varie selon la spécification. Ce profil est compatible avec la diffusion de la résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes, que nos données ne permettent toutefois pas d'établir. Nous en tirons des recommandations sur les moustiquaires de nouvelle génération, la protection des femmes enceintes, le financement et la qualité des données.

Abstract (English)

We analyse malaria trends from 2000 to 2024 in the eight member states of the West African Economic and Monetary Union (WAEMU), using World Health Organization estimates and World Bank data. With 1.8% of the world's population, the Union accounted in 2024 for 14.9% of global malaria cases and 15.2% of global malaria deaths. Malaria mortality fell by 53% between 2000 and 2015 (4.8% a year) and by 29% between 2015 and 2024 (3.7% a year); incidence fell by 25% and then by 13%. Across 45 sub-Saharan African countries, a segmented trend model detects no statistically significant decline in incidence after 2015. No member state will meet the 2025 milestone of the WHO Global Technical Strategy (a 75% reduction from 2015). In two-way fixed-effects panel models, higher insecticide-treated net use is associated with lower mortality the following year, whereas its association with incidence is weak and sensitive to specification. This pattern is consistent with the spread of pyrethroid resistance, although our data cannot establish it. We derive policy recommendations on next-generation nets, protection of pregnant women, financing and data quality.

Main results in charts

Incidence et mortalité du paludisme, UEMOA et Afrique subsaharienne, 2000-2024.
Figure 1. Incidence et mortalité du paludisme, UEMOA et Afrique subsaharienne, 2000-2024.Source : OMS, Global Health Observatory ; nos calculs. Agrégats pondérés par la population à risque.
Variation de l'incidence et de la mortalité entre 2015 et 2024, et jalons de la stratégie mondiale de l'OMS.
Figure 2. Variation de l'incidence et de la mortalité entre 2015 et 2024, et jalons de la stratégie mondiale de l'OMS.Source : OMS, Global Health Observatory ; nos calculs. Jalons :. * : pays de comparaison hors UEMOA.
Utilisation des moustiquaires imprégnées dans les États de l'UEMOA, 2001-2023 (moyenne mobile sur trois ans).
Figure 3. Utilisation des moustiquaires imprégnées dans les États de l'UEMOA, 2001-2023 (moyenne mobile sur trois ans).Source : OMS, Global Health Observatory ; nos calculs. Part de la population à risque ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit précédente.

Priority recommendations

  • Moustiquaires de nouvelle génération : achever le passage aux moustiquaires à double principe actif dans les zones de résistance aux pyréthrinoïdes.
  • Chimioprévention et vaccins : étendre la chimioprévention saisonnière et accélérer l'introduction des vaccins antipaludiques.
  • Femmes enceintes : porter à au moins 80 % la part des femmes enceintes recevant trois doses de traitement préventif.
  • Ciblage : concentrer les efforts sur le Niger et sur les zones où l'incidence remonte (Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau).
  • Financement et données : accroître la part du financement national et fiabiliser la surveillance de routine.

Cite this study

Dahoui, P. B. (2026). Paludisme dans l'UEMOA : un recul qui s'essouffle. Document de travail, Cotonou. https://site-pinel-dahoui.vercel.app/fr/etudes/h1-paludisme-uemoa

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