Au début des années 2000, des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) montrent que deux indicateurs combinés permettent de prédire des crises bancaires avec un à trois ans d'avance (Borio et Lowe, 2002) :
- l'écart crédit/PIB, qui mesure l'emballement du crédit par rapport à sa tendance ;
- la croissance des prix de l'immobilier.
2006 : tous les voyants au rouge
En 2006, aux États-Unis, ces deux indicateurs clignotaient au rouge : l'écart de crédit dépassait nettement le seuil d'alerte et les prix immobiliers s'envolaient. Deux ans plus tard, la crise de 2008 détruisait des milliers de milliards de dollars de richesse mondiale.
Les signaux étaient là. Peu ont voulu les entendre.
Les modèles derrière l'alerte
Ces systèmes d'alerte précoce reposent sur des modèles économétriques :
- la régression logistique et le modèle probit, pour estimer la probabilité d'une crise à un horizon de 12 à 24 mois ;
- les modèles GARCH, pour capturer l'envolée de la volatilité qui précède les crises.
Le FMI et la BRI ont depuis intégré ces approches dans leurs tableaux de bord de surveillance financière.
Une question ouverte
Les crises évoluent : la prochaine sera-t-elle détectable par les modèles actuels ? Pour l'Afrique, où la dette extérieure atteint des niveaux préoccupants dans plusieurs pays (BAD, 2023), ces outils de surveillance sont plus nécessaires que jamais.
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